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Cahiers d'histoire

Samedi 30 janvier 2010 6 30 /01 /2010 20:37

 

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Dans son livre, M. Gareau étudie les concessions dans leur ordre numérique.

Nous avons relevé les textes où Alexandre Lacoste est cité et nous les reproduisons par ordre chronologique. Nous pourrons ainsi suivre les traces de notre ancêtre durant une douzaine d'année.

Notons d'abord l'avertissement suivant dans l'introduction :

"Le seigneur de Longueuil cherchait dans son entourage à Montréal des candidats sérieux qui viendraient mettre en valeur une portion de terre. Il la leur donnait en approbation avec promesse verbale d'un titre en bonne et due forme s'ils manifestaient de l'intérêt. D'autres, par ailleurs, ne demeuraient que quelques années, sans prendre racine, ce qui favorisait la spéculation.
C'est le cas de ceux qui suivent : ..., ..., ..."


Parmi une trentaine de noms cités, celui de notre ancêtre
.

28 mars 1688

Bertrand Viau dit Lespérance, qui vient juste d'avoir 14 ans, reçoit de Charles Le Moyne fils, car son père est décédé les premiers jours de février 1685, une concession de 4 arpents de front, sur le bord du fleuve, sur 20 de profondeur, entre Yves Le Roy et Pierre Charon (gr. Bourdon, 15 mars 1685).

Le 28 mars 1688, Jacques Viau, au nom de son fils aîné Bertrand, vend cette concession à Alexandre Lacoste dit Languedoc, soldat de Monsieur de Troyes (gr. Bourdon)

Le 17 mars 1691

Le 17 mars 1691, Alexandre Lacoste dit Languedoc accepte un bail à ferme de 6 ans d'une terre sise au Petit-Bois, de Nöel Le Gardeur, époux de Madeleine Boucher, qui l'a reçue de son père, Pierre Boucher, seigneur de Boucherville. Elle fait partie de la ferme Ste-Anne de Grand-pré, de 3 arpents de front sur 2 lieues de profondeur (gr, Bourdon)..

Le 22 décembre 1691

Jean Bertin, sergent de la compagnie de Monsieur de Muy, achète une concession de 80 arpents, soit 4 arpents de front, sur le bord du fleuve, entre Languedoc (Alexandre Lacoste) et Pierre Charon (gr. Adhémar).

Le 10 novembre 1698

Le 10 novembre 1698, Pierre Deniau, âgé d'environ 30 ans, a épousé Marie-Anne Lagardelette (César), âgée d'environ 21 ans, fille de François César dit Lagardelette et de feue Marie Delestre, de Boucherville, en^présence du notaire Moreau, d'Alexandre Lacoste, beau-frère de l'époux, et de François Fauconnet, frère de l'épouse.

Le 6 mars 1699

6 mars 1699 - Requête de Jacques Viau

.... sur la seconde habitation, de même dimensions, située au même endroit, au dessus et tenant d'un côté à la précédente et de l'autre à celle d'Alexandre Lacoste (XI)...

Le 13 février 1700

Angélique Chapacou, veuve de André Bouteiller, achète d'Alexandre Lacoste une concession de 4 arpents de front sur 40 de profondeur, sur le bord du fleuve St-Laurent, entre Jacques Viau (X) et son fils aîné Bertrand (XII). <A cela il faut ajouter en plus une maison construite dans le fort qui est au bout de Lad. Seigneurie de Longueuil joignant le Trmblay entre Étienne Charles et Jacques viau. Angélique Chapacou, pour payer cette dernière terre, récemment acquise de Languedoc, a emprunté 200 livres à Gervais Maalard et 101 livres à Paul Bouchard.

Le 15 février 1701

Guillaume Adam dit Laramée déclare qu'il possède une habitation de 3 arpents de front sur 26 de profondeur joignant d'un côté le domaine de M. de Longueuil et d'autre côté Languedoc (Alexandre Lacoste).

Le 2 octobre 1747

Inventaire des biens d'Angélique Chapacou
Il est intéressant de noter que André Lamarre doit à la communauté 1246 livres qui était dues à lad. Chapacou lors du décès d'Alexandre Lacoste.

Par Donald Lacoste dit Languedoc - Publié dans : Cahiers d'histoire - Communauté : Généalogies du Québec
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Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /2009 23:05

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               "Le M. le fameux vaurien de la Tortue"

                  Étienne LANGUEDOC, cultivateur,
          patriote de 1837-1838, exilé en Australie

François-Maurice Lepailleur, un patriote exilé en Australie, a tenu un journal tout au long de cet exil. Étienne Languedoc est une de ses victimes préférées. M. Lepailleur est un bigot et Languedoc un impie et un coureur de jupon. Les atomes crochus ne prennent pas entre eux. Mais avant de laisser parler le journal de Lepailleur, une courte biographie du sieur Étienne Languedoc.

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Né à Saint-Philippe-de-La Prairie, le 1er janvier 1818, fils d'Étienne Lacoste dit Languedoc et de Josèphe Provost. Cultivateur de Saint-Constant, 22 ans, 5'5", illettré. Son père est décédé en 1820. Habite chez son oncle Pierre Provost, époux en secondes noces de Josèphe Tremblay. Voir ;a ce sujet la lettre de Jacques Longtin, le 17 mai 1840, et la lettre de Josèphe Tremblay au procureur général Ogden. Julien Languedoc, son frère, est décédé du choléra, à 14 ans (Saint-Édouard-de-Napierville, 1834). Ami de Pascal Pinsonnault. Tatouages au bras droit :  aigle; deux drapeaux; liberté; SL; tatouages au bras gauche : étoile, sirène. Célibataire Pc. 11. Fait partie du dernier groupe de cinq à revenir au pays en juin 1848.

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23 mars 1840   On commence à faire le même ouvrage que la semaine dernière : casser la pierre, décharger les barges, charger la pierre du quai sur les gros tas de pierre, sasser la petite pierre d'avec la grosse, charrier la pierre que l'on casse sur les tas de pierres cassées, ainsi du reste. Huit personnes charrient la pierre cassée dans les chemins, qui sont les Dumouchelle, les Thibert, Turcotte, Guimond, Languedoc et B. Mott. Ces huit personnes n'ont rien ;a faire que de charroyer la pierre casser dans différentes places.

27 mars 1840   Mais Languedoc ayant manqué à son devoir, ayant laissé ses animaux pour aller à une cabane voir une femme, a été puni et a été mis au cachot  depuis quatre heures du soir jusqu'au lendemain au matin, avec promesse de ne plus retourner voir les deux filles de la cabane.

30 juin 1840   M. Baddely a été averti hier, par un homme de police, de se trouver aujourd'hui à Sidney, avec ses témoins, pour paraître contre les sergents Lane et Gorman et trois autres. [.........]   Ses témoins étaient : Bourdon, Morin fils, Ducharme, Joseph Dumouchelle, J.-M. Thibert, Languedoc, Guimond, Mott, Jean Laberge, Jean-Baptiste Trudel.

1er juillet 1840   Ses témoins sont les premiers Canadiens de notre brigade qui vont à Sidney.

14 juillet 1840   Pascal Pinsonnault et le fameux Languedoc se sont battus ce matin. Il paraît que Languedoc se trouve incapable de travailler aujourd'hui. Ils ont fait trois prises. Pinsonnault paraît assez bien.

24 septembre 1840   Languedoc a été grondé sévèrement, ce soir, pour aller se promener trop loin, dans la rairie d'ici, par notre surintendant.

8 octobre 1840   Languedoc a été branché [grondé], ce soir, par M. Baddely, pour s'être baigné sans permission. Toutes ces petites fautes peuvent faire déshonorer une personne si le commandant voulait s'en prévaloir.

3 novembre 1840   Étienne Languedoc avait pris un plan pour faire punir le surintendant Baddely et Bourdon. Il paraît qu'il avait écrit tout ce qui s'est passé dans l'établissement, depuis que nous y sommes, et adressé à M. David Lennox. Cette affaire aurait été sérieuse pour le commandant. C'est Louis Guérin qui a découvert la chose et qui en a averti Bourdon. On a foutu mon Languedoc au cachot et on lui a ôté ses deux lettres.

27 décembre 1840   Nous allons à la messe aujourd'hui à Paramatta. Il fait extrêmement chaud. Étienne Languedoc a été puni bien à propos aujourd'hui : il a refusé d'aller à la messe bien grossièrement, et c'est pour la troisième fois qu'il rit de ceux qui vont à la messe. M. Baddely en a été averti et il est venu lui-même, ce matin, à notre partance. Il a fait venir Languedoc devant lui, lui a fait mettre les fers aux mains, derrière le dos, et l'a condamné de venir à Paramatta, derrière nous, jusqu'à la porte de l'église, et rester là tout le temps de la messe, et d'en revenir après la messe derrière nous. Il devait être conduit par Laberge et Trudel et, s'il n'allait pas bien, de le battre avec une canne. Cette punition était presque aussi humiliante pour nous que pour lui. Et le sans-coeur y aurait été en souriant ! Après avoir parlé, quelques-uns de nous, à M. Baddely, il changea sa punition : il resta enchaîné toute la journée et le fit marcher depuis l'établissement jusqu'à la barrière du chemin, toute la journée, sans arrêter et d'un bon pas. Le messager Plunkett avait ordre de le faire marcher vite et, s'il ne voulait pas aller vite, de le battre avec une grosse canne. Cette punition est assez dure, surtout d'un temps aussi chaud qu'il fait aujourd'hui. Languedoc est après retirer le fruit de son mauvais comportement à Montréal, et J. Rochon aussi. C'est la troisième punition que Languedoc reçoit, et Jérémie, deux fois.

29 décembre 1840   M. Baddely nous fit mettre tous en rangs au son de la cloche, ce soir, vers les cinq heures: apr;es, il fit sortir Étienne Languedoc des rangs et lui dit qu'il avait écrit à Son Excellence, rapport à lui, et que le gouverneur lui avait répondu qu'à la prochaine faute qu'il ferait il l'enverrait à Pinch Gut Island, pour 12 mois. Ce Pinch Gut est une petite île dans le port de Sidney qui n'a qu'un demi-arpent carré, et ce n'est qu'en galets. Il y a déjà plusieurs prisonniers dans cette petite île; on travaille là à l'ardeur du soleil toute l'année, sans aucun abri quelconque; c'est une punition assez sévère. Cette punition se fera sans forme de procès pour les prisonniers canadiens et c'est ce que Languedoc gagnera pour sa bonne conduite depuis ls prison de Montréal. Quelle crasse ! lui et son compagnon !

21 janvier 1841   Le caporal Thomas Maines a été rapporté aux autorités pour avoir gardé une fille avec lui pendant une dizaine de jours. C'est M. Baddely qui l'a rapporté, c'est bien à propos. Mais il paraît que Maines veut en faire autant de son côté. Cette dernière ne fera pas d'honneur à M. Baddely. Il paraît que Languedoc a bien instruit le caporal de tout ce qui s'est passé à l'égard de la mauvaise conduite que M. Baddely a tenue depuis qu'il est surintendant à Longbottom. 

25 janvier 1841   Bourdon a fait la visite de la boîte de Languedoc et il y a trouvé toutes les médecines que Languedoc avait dit avoir prises, dans le temps qu'il se faisait passer pour malade. Je crois que M. Baddely prendra sur lui  d'envoyer Jérémie et Languedoc à l'île à la pierre, qui est devant la ville de Sidney.

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22 février 1841   Jour de grand trouble dans l'établissement. Le messager Plunkett a eu deux lettres de Jérémie Rochon. Languedoc adresse une adresse à M. Lennox et l'autre à Son Excellence, enveloppées ensemble et adressées au gouverneur, l'informant de tout ce qui se passait dans l'établissement contre nous et contre M. Baddely. La cloche a sonné, ce matin, et nous avons été tous se mettre en rangs. M. Baddely a fait premièrement sortir Étienne Languedoc des rangs et lui a dit qu'il allait le faire punir pour une hache  qui manquait au gouvernement et qu'il avait vendue; après quoi Languedoc fut mis au cachot. Après M. Baddely fit sortir Jérémie Rochon  et lui demanda s'il n'avait pas fait des écrits contre lui et contre tous ses compagnons. Jérémie nia. M. Baddely envoya chercher deux lettres qu'il avait chez lui, et demanda à L. Rochon si c'était là sa signature. Il dit que oui. Ces deux lettres contenaient de quoi nous faire punir tous, non pas de ce que nous avions tous mal fait, mais nous ont ôté beaucoup de privilèges. Rochon doit être envoyé à Paramatta pour être puni. [.......] Un baillon de fer a été fait ce soir pour empêcher Jérémie de chanter. Languedoc a demandé à Bourdon de lui permettre d'aller demander excuse à M. Baddely, en lui disant qu'il avait été mal conseillé. M. Baddely le fit sortir du cachot. Nous avons fait à midi une application à M. Baddely, le priant de faire changer Rochon et Languedoc d'établissement, et nous l'avons signée, à part les deux autres Rochon. Beaucoup de paroles et de troubles pour l'amour de ces deux crasseux-là.

23 février 1841   Je prends le bois ce matin avec 10 hommes et Languedoc en est un. Languedoc veut recommencer son bavardage contre ses compagnons. Je le fais taire et lui conseille de rester tranquille. Ceci était dans le bois, en travaillant. Après être arrivé le soir à l'établissement, Languedoc partit de son chef et s'en alla trouver M. Baddely et lui dit qu'il avait été mal conseillé à faire tous ces écrits contre M. Baddely et Bourdon  par Joson Dumouchelle, qui a été au cachot environ une demi-heure , Béchard, Pascal Pinsonnault,  M. Morin père, Jean-Marie Thibert, et plusieurs autres ainsi que Paré. Après que M. Baddely eut pris toutes les dépositions de Languedoc et Rochon, il fit assembler tout le monde et fit encore sortir Languedoc du rang et le mettre vis-à-vis nous. Et M. Baddely commença à nous expliquer tout ce que Languedoc avait dit de ses compagnons, et M. Baddely nous montra toute la noirceur du fameux vaurien de Languedoc en le traitant du plus vil et du plus bas des hommes. Il finit par dire qu'il ne reposait pas la moindre confiance sur ce qu'ine pareille crasse pouvait lui avoir déposé, et qu'en récompense d'avoir déposé contre ses compagnons, il le condamnait au cachot jusqu'à ce qu'un magistrat fut arrivé pour lui passer son procès pour avoir voulu attaquer le caractère de ses compagnons.  Voila la belle récompense que ce vaurien a gagnée. Lui et Rochon doivent subir leur procès jeudi, devant le magistrat. Languedoc voulait retirer son compagnon et au contraire il s'est plongé dans un procès qui aura, je l'espère, l'effet de le chasser d'avec nous, avec son fameux ami J. Rochon.

25 février 1841   Je suis au bois avec J. Rochon et Languedoc qui sont sortis de leur faute.

15 juin 1841   Lareine et Languedoc ont bien mauvais noms et sont bien soupçonnés pour l'argent de Trudel qui lui a été volé, ces jours derniers, 17/6.

23 juillet 1841   Maître Languedoc a fait une fameuse embardée, ce soir : il a sollicité Oxley, le messager félon, d'aller avec lui, l'autre côté du chemin, dans une mauvaise maison. Ils y ont été et quelques minutes après, M. Baddely a fait appeler Oxley. Point de messager. Bourdon l'a cherché partout, avec le fameux Languedoc. Point capable de les trouver. Ensuite, Bourdon, Laberge, Prieur et Mott ont été en haut de la côte, à dix arpents, et ont trouvé nos deux vagabonds qui ont gagné le bois comme des furibonds. Bourdon a déclaré Oxley et a caché Languedoc, rapport à tous nous autre ensemble. Il avait le front et l'audace de nier à Bourdon qu'il y était, quoique Bourdon l'avait surpris avec la Rougette sur ses genoux. Quelle crasse de Languedoc ! Si ce n'était pas que ça nous donnerait un mauvais nom, il serait fouetté comme l'autre.

26 juillet 1841 Joseph Ingel, qui est Oxley, a été fessé pour avoir été de l'autre côté du chemin avec le fameux Languedoc, dans une mauvaise maison.; il a reçu 40 coups de fouet à Hyde Park, à 11 heures, immédiatement après jugement rendu.

30 juillet   Le vieux Rose est venu sur le quai ce matin,, pour voir je sais quoi. Je viens d'apprendre qu'Étienne Languedoc a découvert le commerce de bois au vieux Rose et c'est ce qui a fait que le vieux Rose cherchait les traces de voiture.

3 décembre 1841   Le diable [M. Baddely] a fait le malin hier et a destitué Dussault de la barrière, sans aucune cause que celle qu'il craignait de recevoir des ordres de ses créanciers, et pour le remercier de l'avoir sauvé des mains de Languedoc et Rochon.

14 janvier 1842   [...] :A midi, Lareine s'est aperçu que son coffre a été volé avec 10 £ qui étaient dedans. Cela a été fait par un de nos Canadiens, car le coffre a été mis par-dessous plusieurs autres. Tout le monde doute M. le fameux vaurien de la Tortue [St-Philippe-de-La Prairie] qui paraît avoir été habitué à en faire le commerce.

3 mars 1842   On dit que le fameux Languedoc est arrangé comme un vrai gentilhomme. Le vieux Lareine lui a dit devant tout le monde, chez M. Meillon, aubergiste, qu'il avait acheté ses hardes-là avec ses 37 piastres qu'il lui avait prises en volant son coffre, dans l'établissement de Longbottom, le 14 janvier dernier. Languedoc a le front haut, il s'inquiète fort peu de ce que le monde dit de lui.

24 avril 1842   [...] J'ai appris aujourd'hui que le fameux Étienne Languedoc a été condamné à deux mois de treadmill *pour avoir laissé son maître sans permission, et en outre il était endetté de 3 £. Ce qui choquait le plus son maître, c'était de le voir aller chez les mauvaises créatures, la vieille Anna. Le maître de Languedoc est Roberts. [Lepailleur explique, le 1er novembre 1840, comment fonctionne le treadmill. "... dix-huit hommes montent dans une roue continuellement, et leur pesanteur fait marcher la roue et le moulin"]

2 mai 1842   C'est un jaloux [Bourdon] qui a fait tout ce qu'il a pu  pour m'ôter tous les petits avantages que j'ai eu à Longbottom. pour les donner à ses amis. Bourdon ne vaut pas mieux que Languedoc.; ils ont mené tous deux la même conduite. La seule différence c'est que Bourdon était le chat du fameux crasseux de Baddely, l'autre était extrêmement haï.

9 mai 1842   Étienne Languedoc, qui est actuellement au treadmill, se recommande à Dieu et à ses saints pour avoir quelque argent pour l'aider à vivre où il est. Il paraît qu'ils pâtissent beaucoup de faim et de froisd, ils leur ôtent toutes leurs hardes en entrant là. Dussault à qui il a écrit, ainsi qu'à plusieurs autres, n'ont pas voulu lui envoyer aucun argent. Il faut qu'il paie sa mauvaise conduite qu'il a tenue parmi nous, et les vols qu'il a fait depuis plus de trois ans.

3 août 1842   Jeux de course aujourd'hui à Paramatta et je suis resté voir les course avec Hébert et Leblanc. Et le fameux Languedoc est bien venu nous rejoindre.

3 octobre 1842   Je commence aujourd'hui à peinturer et noircir la barge de M. John Roberts, l'ancien maître de Languedoc.

12 juin 1844   20 pardons viennent d'arriver ce soir pour les Canadiens, ce qui fait 25 de pardonnés. Voici les noms des 20 : Bousquet, Buisson, Langevin, Dumouchelle, Turcot, Touchette, Laberge, Pascal Pinsonnault, Hippilite Lanctôt, Languedoc, les deux Longtin, Robert, Lareine, Béchard, Langlois, Marceau, Charles Bouc, J. Rochon, Éd.-P. Rochon.

24 juillet 1844    Noms de mes compagnons passagers dans l'Achilles : M. Huot, Bousquet, Lanctôt, Turcot, Goyette, les trois Roy, Éd.-P. Rochon et Toussaint Rochon, Guertin, Touchette, Ducharme, Prévost, Dumouchelle, Buisson, les deux Thibert, les deux Leblanc, Lareine, Defaillette, les deux Longtin, Robert, Pascal Pinsonnault, Papineau, Alarie, Guérin, Paré et moi. Jphn Hamburge et 15 sont restés à Sidney, qui sont Guimond, Trudel, le docteur Newcomb, les deux M. Morin, René Pinsonnault, Languedoc, Marceau, Langlois, Bourbonais, Bouc, Jérémie Rochon, Joseph Goyette, Gagnon et Prieur.

Le journal de François-Maurice Lepailleur a été publié en 1996 au éditions du Septentrion sous le titre de : "Journal d'un patriote exilé en Australie".
 
                                           
Par Donald Lacoste dit Languedoc - Publié dans : Cahiers d'histoire
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Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /2009 13:23

Louis LACOSTE (1798-1878), notaire, député,
 patriote de 1837-38, sénateur (1867-1878)
 


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Dans un article précédent, nous avons présenté l'acte de naissance de Louis LACOSTE, notaire et patriote de 1837-1838. Voici l'adresse de cet article :

                        http://www.lacosteduquebec.org/article-33994469.html

Aujourd'hui, nous reproduisons la notice biographique de même personnage que nous avons trouvée dans le livre de M. Aegidius FAUTEUX,  Les Patriotes de 1837-1838, paru en 1950 chez Les Éditions des 10 , et jamais réédité depuis lors
.


                                                        LACOSTE, Louis

De Boucherville, notaire. Né à Boucherville, le 3 avril 1798, fils de Louis LACOSTE et de Joséphine DUBOIS. Reçu notaire par commission du 19 mars 1821.

Lorsqu'éclata la rebellion, il représentait le comté de Chambly depuis le 22 novembre 1834, et appuyait PAPINEAU. À l'assemblée des Six-Comtés, à Saint-Charles, le 23 octobre 1838, il prononça un discours. Il y proposa aussi une résolution, la quatrième, où l'on souligne l'urgence de remplacer par des hommes de confiance les officiers nommés par une "administration ennemie du pays", et à cette fin, "toutes les paroisses des Six-Comtés sont invitées simultanément, entre le premier décembre et le premier janvier prochains, d'élire des juges de paix et amiables compositeurs et des officiers de milice".

Le 8 décembre 1838, LACOSTE, ayant appris qu'on venait d'émettre contre lui un mandat d'arrestation, alla de lui-même se livrer au shérif, et fut écroué à Montréal le même jour. Il fut libéré le 7 juillet 1838 moyennant une caution de £1,000.

Après sa libération, il continua d'exercer sa profession dont il était une des lumières et il ne rentra dans la vie publique qu'une dizaine d'années plus tard. Élu encore une fois député de Chambly, le 25 septembre 1849, il siégea jusqu'au 23 juin 1854. Réélu en 1858, il conservait son mandat jusqu'en 1861, alors qu'il devenait conseiller législatif pour la division Montarville. À l'établissement de la Confédération, en 1867, il fut appelé au Sénat du Canada, où il siégea jusqu'à sa mort, le 26 novembre 1878.

L'hon. Louis LACOSTE se maria trois fois. Il épousa d'abord, le 14 janvier 11823, Catherine-Renée, fille de René BOUCHER DE LA BRUÈRE et de sa première femme, Catherine PERRAULT, qui mourut du choléra le 23 août 1832. De ce premier mariage, il eut un fils, Louis-René, qui donnait les plus brillantes espérances mais mourut notaire, à 31 ans en 1854.

Remarié le 28 septembre avec Charlotte MAGENTY MOUNT, veuve de Jacques-François GENEVAY, fille de Philip MOUNT et de Christiane MUNRO, Louis LACOSTE devenait veuf une seconde fois peu de temps après et il convolait en troisièmes noces, le 17 novembre 1838, avec Marie-Antoinette-Thaïs, fille de Louis-Basile PROULX et de Marie-Thaïs FOISY. C'est de ce troisième mariage qu'est né Sir Alexandre LACOSTE, mort juge en chef de la Cour du Banc du Roi.

Par Donald Lacoste dit Languedoc - Publié dans : Cahiers d'histoire - Communauté : Généalogies du Québec
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Jeudi 17 septembre 2009 4 17 /09 /2009 23:04







[Voici une transcription in extenso (je dirais in toto puisque je ne me borne qu'à transcrire le texte, avec ses ereurs)  d'un article de la page deux du journal La Minerve du jeudi 22 juin 1843.
Le journaliste relate l'incendie qui détruisit une grande partie du village de Boucherville, deux jours plus tôt.]


INCENDIE DU VILLAGE DE BOUCHERVILLE

 


Nous avons à annoncer un de ces terribles événements, qui, heureusement, n'avaient jamais encore eu lieu dans le pays.  C'est la destruction, par le feu, de plus de la moitié du beau village de Boucherville.  Cette terrible catastrophe a causé une vive sensation dans le pays et particulièrement en cette ville. Aussi une éclatante sympathie s'est elle manifestée immédiatement en faveur des infortunés qui ont tant perdus, mais non pas de cette sympathie qui ne consiste qu'à plaindre les malheureux et à former des voeux pour leur bonheur futur mais cette sympathie qui consiste à aider, à secourir celui qui se trouve dans le besoin.

Voici quelques détails que nous nous sommes procurés sur les lieux mêmes, le lendemain du jour de cette terrible catastrophe.

Mardi, vers 5 heures de l'après midi, environ 20 minutes après l'arrivée du nouveau steamboat St-Louis, le feu se déclara à la couverture d'un hangard situé en arrière de la maison de Madame Weilbrenner. Toutes les personnes qui se trouvaient sur les lieux s'y portèrent en foule et firent tous leurs efforts pour l'éteindre, mais l'absence totale de pompe à feu, le manque d'expérience et de sang froid dans de pareilles circonstances, et plus encore le vent qui soufflait avec force, firent qu'il fut impossible d'arrêter les progrès des flammes.  Elles se porpagèrent d'une manière si effrayante et si rapide que plusieurs édifices environnans se trouvèrent en peu d'instants enveloppés.

Alors plus d'espoir d'arracher à l'élément destructeur la partie Est du village qui se trouvait sous le vent.  Les flammes se propagèrent avec tant de force qu'elles atteignirent la maison d'école puis le couvent, puis enfin la belle et grande église qui faisait l'ornement du village.  C'est alors que le découragement et le désespoir  se mirent dans les rangs de cette paisible population, son premier soin fut cependant d'arracher aux flammes tous les ornements et les vases sacrés. Tout ce qui était portatif dans le temple fut heureusement sauvé.

Le vent soufflait toujours avec violence, et, des morceaux de braise et de tisons enflammés étaient lancés à une grande distance, et communiquaient le feu à tous les édifices qui se trouvaient sur son passage.  Des tourbillons de flammes étaient lancés, de ces immenses braisiers, dans toutes les directions, et on craignit longtemps que le feu ne se comminiquât aux parties Ouest et Sud du village.  La divine providence assigna enfin des bornes à cette scène de destruction. Le feu s'arrêta à la maison de M. Lacoste, sur la rue du fleuve, et les seules maisons intactes sur cette rue sont celles de MM. Lacoste, Delisle, Vigneau, T. De Boucherville, Dr Weilbrenner, De Léry et Pr. De Boucherville.
Heureusement que le presbytère qui ne se trouvait pourtant qu'à une petite distance de l'église, mais au nord fut sauvé comme par miracle.  La grande croix du cimetière et un petit édifice qui se trouvait aussi dans le cimetière ne furent pas atteints des flammes.  Le feu était pourtant si ardent par la quantité de bois dans la construction de l'église que l'une des cloches fut entièrement fondue; l'autre tomba avec fracas et fut brisée en plusieurs morceaux.  La belle maison en pierre à deux étages, bâtie par feu Messire Tabeau fut aussi épargnée.

D'après des renseignements que nous pensons corrects, et que nous avons pris hier à la hâte sur les lieux, environ 60 maisons ont été la proie des flammes. La quantité d'édifices incendiés s'élève à près de 200.  On calcule que pas moins de 150 familles étaient logées dans les 60 maisons incendiées, ce qui formerait le nombre de 400 êtres humains qui se trouvent maintenant absolument sans asile.
(Photo de Louis Lacoste)


Il est superflu et d'ailleurs inutile de tenter de reproduire le tableau qu'offre maintenant le beau et antique village de Boucherville, chacun peut facilement s'en faire une idée.

Voici les noms des propriétaires des maisons les plus marquantes qui ont été la proie des flammes :-

Joseph Weilbrenner, deux maisons, Madame Malhiot, Maurice Roy, Madame Stubenger, Antoine Dumas, Chres Racicot, Eusèbe Trudelle, J. Riendeau, Pre. Papin Succession Stuart, Michel Lalumière, Louis Véraneau, Étienne Reives, Guillaume Roy, Norbert Roy, Charles Carrière, Chs Demuy, Les soeurs, l'École de la paroisse, Joseph Roy, Nicolas Préau.

Le feu fut apperçu de bonne heure, de Montréal, et bientôt tous les quais se remplissent d'une foule de curieux qui ne pouvaient former que des voeux en faveur des pauvres incendiés. -  L'anxiété et le désespoir étaient peints sur tous les visages. Cependant un homme résolu, M. Lyman, capitaine de la pompe de l'Union offrit de louer le Lady Colborne pour aller porter secours s'il en était temps encore.  En ce moment arriva M. le Maire qui donna de suite la permission de sortir deux pompes de la ville.  Mais avant que tous ces préparatifs furent achevés et qu'une autre compagnie de pompiers fut assemblée, celle de M. Ashton, il était déjà 8 heures trois quarts lorsque le steamboat quitta le quai,

Cependant une heure était à peine écoulée que les pompes fonctionnaient sur le théâtre de l'incendie.  Ce secours, quoique tardif, fut d'une grande utilité pour éteindre le feu qui brûlait dans les décombres; car si le vent eut changé de direction, les tisont auraient été portés dans l'autre direction et auraient pu mettre le feu à ce qui restait de maisons dans le village.

Son Honneur le Maire, MM. Lyman et Ashton, et tous les pompiers qui se sont embarqués à leurs propres frais sur le teamboat méritent la considération la plus distinguée du public.  

Maintenant que reste-t-il à faire ? Porter secours aux malheureux qui sont sans pain et sans asile.  Ce cri a retenti dans tous les coeurs.  Le Herald même, nous devons lui rendre cette justice, a déjà fait un appel énergique à toutes les pupulations du pays sans distinction.  Tous les autres journaux en ont fait autant.  Déjà plusieurs personnes bienveillantes ont mis la main à l'oeuvre.

Au matin, le Lady Colborne s'est rendu à Boucherville, ayant à son bord un grand nombre de citoyens de Montréal parmi lesquels se trouvait l'honorable procureur général La Fontaine et son honneur notre actif et infatiguable Maire. Était-ce une vaine curiosité qui appelait ces messieurs sur ce théâtre de destruction?... Non. Déjà, par leurs soins, 25 barils de farine, 10 quarts de lard, une quantité de pain et autres provisions avaient été embarquées, afin de satisfaire aux premiers besoins de cette malheureuse population.

Nous ne devons pas oublier de mentionner ici le zèle de notre concitoyen, M. White, qui, lorsqu'il s'agit de bienfaisance, n'est jamais le dernier.  Il avait mis à bord une quantité de vases en ferblanc, pour être distribués aux plus indigens. M Johnson, boulanger, avair fourni au dessus de 100 pains.

À l'arrivée du steamboat, à Boucherville, un comité composé des principaux citoyens de l'endroit fut immédiatement nommé pour recevoir les propositions et veiller à la distribution.

Ce comité se compose de MM. Pr. De Boucherville, L. Lacoste, J. Vigneau, Th. V. De Boucherville, Dr Weilbrenner, H. Deschambault, R. C. De Léry, Aimé Dugas, Chs Demuy, et A. Delisle, Secrétaire.

M. le curé de l'endroit avait été unanimement appelé à remplir la place de président du comité, mais ce digne monsieur demanda d'en être dispensé, vu ses nombreuses occupations, et les émotions pénibles qu'il avait éprouvé en voyant disparaître en une seule nuit, son église, le couvent, la maison d'école et la demeure d'un si grand nombre de ses ouailles qui se trouvaient ruinées et dans le dénument le plus absolu.

Nous annonçons avec beaucoup de plaisir que la Banque du Peuple a donné l'initiative en cette occasion. M. L.M. Viger est parti pour Boucherville hier avec une somme de £100, qui a été remise au Comité comme étant un don de cette institution.

Il est inutile d'ajouter que nous pensons que les autres établissements publics du pays en feront autant.




Par Donald Lacoste - Publié dans : Cahiers d'histoire - Communauté : Généalogies du Québec
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