Partager l'article ! La divine providence épargne la maison de M. Lacoste lors de l'incendie de Boucherville du 20 juin 1843: [Voici un ...
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[Voici une transcription in extenso (je dirais in toto puisque je ne me borne qu'à transcrire le texte, avec ses erreurs) d'un article de la page deux du journal
La Minerve du jeudi 22 juin 1843.
Le journaliste relate l'incendie qui détruisit une grande partie du village de Boucherville, deux jours plus tôt.]
Nous avons à annoncer un de ces terribles événements, qui, heureusement, n'avaient jamais encore eu lieu dans le pays. C'est la destruction, par le feu, de
plus de la moitié du beau village de Boucherville. Cette terrible catastrophe a causé une vive sensation dans le pays et particulièrement en cette ville. Aussi une éclatante sympathie s'est
elle manifestée immédiatement en faveur des infortunés qui ont tant perdus, mais non pas de cette sympathie qui ne consiste qu'à plaindre les malheureux et à former des voeux pour leur bonheur
futur mais cette sympathie qui consiste à aider, à secourir celui qui se trouve dans le besoin.
Voici quelques détails que nous nous sommes procurés sur les lieux mêmes, le lendemain du jour de cette terrible catastrophe.
Mardi, vers 5 heures de l'après midi, environ 20 minutes après l'arrivée du nouveau steamboat St-Louis, le feu se déclara à la couverture d'un hangard
situé en arrière de la maison de Madame Weilbrenner. Toutes les personnes qui se trouvaient sur les lieux s'y portèrent en foule et firent tous leurs efforts pour l'éteindre, mais l'absence
totale de pompe à feu, le manque d'expérience et de sang froid dans de pareilles circonstances, et plus encore le vent qui soufflait avec force, firent qu'il fut impossible d'arrêter les progrès
des flammes. Elles se porpagèrent d'une manière si effrayante et si rapide que plusieurs édifices environnans se trouvèrent en peu d'instants enveloppés.
Alors plus d'espoir d'arracher à l'élément destructeur la partie Est du village qui se trouvait sous le vent. Les flammes se propagèrent avec tant de force qu'elles atteignirent la maison
d'école puis le couvent, puis enfin la belle et grande église qui faisait l'ornement du village. C'est alors que le découragement et le désespoir se mirent dans les rangs de cette
paisible population, son premier soin fut cependant d'arracher aux flammes tous les ornements et les vases sacrés. Tout ce qui était portatif dans le temple fut heureusement sauvé.
Le vent soufflait toujours avec violence, et, des morceaux de braise et de tisons enflammés étaient lancés à une grande distance, et communiquaient le feu à tous les édifices qui se trouvaient
sur son passage. Des tourbillons de flammes étaient lancés, de ces immenses braisiers, dans toutes les directions, et on craignit longtemps que le feu ne se comminiquât aux parties Ouest et
Sud du village. La divine providence assigna enfin des bornes à cette scène de destruction. Le feu s'arrêta à la maison de M. Lacoste, sur la rue du fleuve, et les seules maisons
intactes sur cette rue sont celles de MM. Lacoste, Delisle, Vigneau, T. De Boucherville, Dr Weilbrenner, De Léry et Pr. De Boucherville.
Heureusement que le presbytère qui ne se trouvait pourtant qu'à une petite distance
de l'église, mais au nord fut sauvé comme par miracle. La grande croix du cimetière et un petit édifice qui se trouvait aussi dans le cimetière ne furent pas atteints des
flammes. Le feu était pourtant si ardent par la quantité de bois dans la construction de l'église que l'une des cloches fut entièrement fondue; l'autre tomba avec fracas et fut brisée en
plusieurs morceaux. La belle maison en pierre à deux étages, bâtie par feu Messire Tabeau fut aussi épargnée.
D'après des renseignements que nous pensons corrects, et que nous avons pris hier à la hâte sur les lieux, environ 60 maisons ont été la proie des flammes. La quantité d'édifices incendiés
s'élève à près de 200. On calcule que pas moins de 150 familles étaient logées dans les 60 maisons incendiées, ce qui formerait le nombre de 400 êtres humains qui se trouvent
maintenant absolument sans asile.
(Photo de Louis Lacoste)
Il est superflu et d'ailleurs inutile de tenter de reproduire le tableau qu'offre maintenant le beau et antique village de Boucherville, chacun peut facilement s'en faire une idée.
Voici les noms des propriétaires des maisons les plus marquantes qui ont été la proie des flammes :-
Joseph Weilbrenner, deux maisons, Madame Malhiot, Maurice Roy, Madame Stubenger, Antoine Dumas, Chres Racicot, Eusèbe Trudelle, J. Riendeau, Pre. Papin Succession Stuart, Michel Lalumière, Louis
Véraneau, Étienne Reives, Guillaume Roy, Norbert Roy, Charles Carrière, Chs Demuy, Les soeurs, l'École de la paroisse, Joseph Roy, Nicolas Préau.
Le feu fut apperçu de bonne heure, de Montréal, et bientôt tous les quais se remplissent d'une foule de curieux qui ne pouvaient former que des voeux en faveur des pauvres incendiés. -
L'anxiété et le désespoir étaient peints sur tous les visages. Cependant un homme résolu, M. Lyman, capitaine de la pompe de l'Union offrit de louer le Lady Colborne pour aller
porter secours s'il en était temps encore. En ce moment arriva M. le Maire qui donna de suite la permission de sortir deux pompes de la ville. Mais avant que tous ces préparatifs
furent achevés et qu'une autre compagnie de pompiers fut assemblée, celle de M. Ashton, il était déjà 8 heures trois quarts lorsque le steamboat quitta le quai,
Cependant une heure était à peine écoulée que les pompes fonctionnaient sur le théâtre de l'incendie. Ce secours, quoique tardif, fut d'une grande utilité pour éteindre le feu qui brûlait
dans les décombres; car si le vent eut changé de direction, les tisont auraient été portés dans l'autre direction et auraient pu mettre le feu à ce qui restait de maisons dans le village.
Son Honneur le Maire, MM. Lyman et Ashton, et tous les pompiers qui se sont embarqués à leurs propres frais sur le teamboat méritent la considération la plus distinguée du public.
Maintenant que reste-t-il à faire ? Porter secours aux malheureux qui sont sans pain et sans asile. Ce cri a retenti dans tous les coeurs. Le Herald même, nous devons lui
rendre cette justice, a déjà fait un appel énergique à toutes les pupulations du pays sans distinction. Tous les autres journaux en ont fait autant. Déjà plusieurs personnes
bienveillantes ont mis la main à l'oeuvre.
Au matin, le Lady Colborne s'est rendu à Boucherville, ayant à son bord un grand nombre de citoyens de Montréal parmi lesquels se trouvait l'honorable procureur général La Fontaine et
son honneur notre actif et infatiguable Maire. Était-ce une vaine curiosité qui appelait ces messieurs sur ce théâtre de destruction?... Non. Déjà, par leurs soins, 25 barils de farine, 10 quarts
de lard, une quantité de pain et autres provisions avaient été embarquées, afin de satisfaire aux premiers besoins de cette malheureuse population.
Nous ne devons pas oublier de mentionner ici le zèle de notre concitoyen, M. White, qui, lorsqu'il s'agit de bienfaisance, n'est jamais le dernier. Il avait mis à bord une quantité de vases
en ferblanc, pour être distribués aux plus indigens. M Johnson, boulanger, avair fourni au dessus de 100 pains.
À l'arrivée du steamboat, à Boucherville, un comité composé des principaux citoyens de l'endroit fut immédiatement nommé pour recevoir les propositions et veiller à la distribution.
Ce comité se compose de MM. Pr. De Boucherville, L. Lacoste, J. Vigneau, Th. V. De Boucherville, Dr Weilbrenner, H. Deschambault, R. C. De Léry, Aimé Dugas, Chs Demuy, et A. Delisle,
Secrétaire.
M. le curé de l'endroit avait été unanimement appelé à remplir la place de président du comité, mais ce digne monsieur demanda d'en être dispensé, vu ses nombreuses occupations, et les émotions
pénibles qu'il avait éprouvé en voyant disparaître en une seule nuit, son église, le couvent, la maison d'école et la demeure d'un si grand nombre de ses ouailles qui se trouvaient ruinées et
dans le dénument le plus absolu.
Nous annonçons avec beaucoup de plaisir que la Banque du Peuple a donné l'initiative en cette occasion. M. L.M. Viger est parti pour Boucherville hier avec une somme de £100, qui a été
remise au Comité comme étant un don de cette institution.
Il est inutile d'ajouter que nous pensons que les autres établissements publics du pays en feront autant.
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